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Enfermé

Marie-Lo

Depuis combien de temps suis-je enfermé ici, dans le noir ? A quoi bon me poser la question, puisque j'ai depuis très longtemps perdu la notion du temps. Pourquoi suis-je enfermé ici depuis tant de temps ? Je n'en ai aucune idée et je m'en fiche, je m'y suis habitué. Ca fait tellement longtemps que je suis là, à pourrir dans cette pièce vide et sombre, sans fenêtre, sans rien pour voir à quoi ressemble le monde à l'extérieur de cette salle. Les chaînes autours de mes poignets, mes pieds et mon cou me font mal. Elles écrasent le peu de chair que j'ai sous ma peau blanche. Mes cheveux sales et emmêlés n'ont jamais étés coupé ni lavés. Un vieux tissu aussi sale que moi repose sur mes épaules et m'évite de trembler, dans cette pièce froide et obscure.

Je ne suis jamais sorti de cet endroit. J'ai grandi dans le noir et mes yeux se sont habitués à cette obscurité depuis longtemps. Les murs de la pièce sont sales et nus, tout comme le sol et le plafond. De grosses chaînes y sont accrochées et me permettent tout juste d'aller d'un bout à l'autre de cet cage. Un trou dans un coin me permet d'aller faire mes besoins. Une porte en fer, en face de moi, dont s'échappe le fin rayon de lumière qui me permet de voir, est la seule issue à cette cage. Mais je ne peux l'atteindre, mes chaînes ne le permettent pas.

Un bruit rompt le silence et la porte s'ouvre. La lumière me brûle les yeux et me force à les fermer. Quelqu'un entre et dépose quelque-chose sur le sol. Je rouvre les yeux et les lève vers cette personne. La lumière m'empêche de la voir. Je n'ai distingué qu'une vague silhouette sur un fond éclatant. La porte s'est refermée, et j'ai replongé dans le noir. Mes yeux étaient encores aveuglés par cette lueur si soudaine. J'attendis que mes yeux retrouvent leur facultés avant de regarder ce qui était posé sur le sol, à quelques mètres de moi.

Un plateau en fer rouillé par endroit, avec quelques chocs sur les bords, trônait au milieu de la pièce. Un morceau de viande cru et saignant posé dessus me mit en appétit. À côté de mon futur repas, un bol dans le même état contenait de l'eau sale me permetterai de me désaltérer un peu. Je rampa vers le plat, l'eau à la bouche, malgré le maigre repas. Alors que je l'englouti, je senti quelque-chose de dur sous ma dent. Je regarda. Un os plat, pointu et tranchant avait entaillé mon palais. Je l'observa et le mit de côté. Je savais quoi en faire. Je finis mon repas, laissant les autres os dans le plateau en fer, et attendit que mon bourreau ouvre à nouveau la porte pour récupérer le plateau.

Le temps passa, jusqu'à ce que la porte se déverrouille et s'ouvre en grand, m'aveuglant à nouveau. Mais cette fois, j'étais prêt. Ma couverture posée sur les yeux m'empêchaient d'être ébloui par cette lumière si soudaine. Mes chaînes, que j'avais réussi à crochetter avec l'os, gisaient par terre. Mon geôlier poussa un cri de surprise lorsque je bondit sur sa gorge tendre. Tout ce temps à traîner ces lourdes chaines avait endurci mes jambes et mes bras, me donnant un net avantage sur cette frêle créature dont je pouvait jouer avec sa vie, autant que je le veuille.

Elle ouvrit la bouche pour crier, mes mes dents furent plus rapides, et en moins d'une seconde, sa langue gisait, dans une flaque de sang, à côté de sa tête pâle d'effroi. Le sang emplit sa bouche, et comme je la maintenait ouverte, mon bourreau ne pouvant recracher ce liquide pourpre, se noya. Se noya dans son propre sang. Un bruit de pas rettenti, et aussitôt, un autre geôlier arriva, un long bout de métal dans la main. Ses yeux s'embrasèrent à la vue du cadavre et de mes chaînes devenues inutiles. Il se jeta sur moi et me plaqua au sol. Non... Ca ne dois pas finir comme ça ! J'étais si proche de la liberté !

Je remarqua le plateau à côté de ma tête, et j'eu une idée. Je relâcha tous mes muscles, afin de lui faire comprendre qu'il avait gagné. Il baissa sa garde, et je lui décrocha un coup de genou dans le ventre. Il tomba par terre, je saisi un os et lui planta le plus profondément possible dans l'oeil. Il eu un dernier sursaut avant de retomber, inerte, sur le sol. Je resta immobile quelques instants, tendant l'oreille pour entendre si quelqu'un d'autre arrivait, mais seul un lourd silence pesait. J'étais libre.

Je saisi les vêtements de l'un d'entre eux et les enfila. Une chemise blanche tâchée du sang de son ancien propriétaire et un pantalon noir. Ils étaient beaucoup trop grands pour mon corps frêle et je nageait dedans, mais c'était mieux que rien. Mon regard fut attiré par l'éclat de la lame du couteau. Je le saisi, et une idée ma traversa alors l'esprit.

Ils doivent payer. Ceux qui m'ont fait souffrir. Ceux qui m'ont enfermés. Ces créatures. Ces monstres qui me ressemble. Je ne suis pas comme eux. Je vais les tuer. Tous. Ils doivent payer. Ils doivent tous payer !

Je sorti dehors. Il y faisait plus clair quand dans ma prison, le ciel était noir, mais un grand rond blanc illumina mon chemin. Je fût comme happé par cette lueur si belle, si douce, si réconfortante. J'errai sur ce sol aussi sombre que le ciel, rasant les murs. J'errai à la recherche d'un de ces monstres, lorsqu'une lueur jaune attira mon regard. Par la fenêtre éclairée d'une maison, je distingua une silhouette. La personne était assise et semblait être concentrée sur un écran. Elle ne me remarqua pas lorsque j'entra dans son jardin et passa par sa fenêtre entrouverte.

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